Spa Six Hours : du déluge à la noyade


  • Publié le mardi,23 septembre , 2014 á 12:16 | Dans la catégorie : Reportage, Sport

    Par Patrick Hayot

  • « T’inquiètes… ça va s’éclaircir ! »
    Ok, je veux bien y croire moi à ce foutu bulletin météo, mais force est de constater que sur le terrain, c’est le déluge.
    Samedi, le ciel est clément et les courses se succèdent sans problème. On se fait tous une joie d’être le long de la piste pour voir l’apothéose que devrait nous offrir la course des Six Hours.
    De fait, le départ se donne sous un soleil splendide et les rondes s’enchaînent les unes à la suite des autres.
    Mais après 45 minutes, les quelques gouttes qui tombent ne sont que les prémices à une drache nationale qui fera datte et renforcera la réputation du circuit et de sa cuvette. C’est bien simple, en moins de 3 minutes, le circuit est inondé, les spectateurs trouvent, comme moi, refuge dans un des tunnels, notamment au pied de l’Eau Rouge, et de patienter en attendant une éclaircie salvatrice.
    Tandis qu’au-dessus passe au ralenti et derrière la safety car une cohorte de voitures de course, la pluie daigne enfin nous laisser tranquille.
    Tu parles !
    La traitresse revient de plus bel à l’assaut 20 minutes plus tard. Elle jouera avec les nerfs des pilotes, la volonté d’être bien à leur poste des commissaires de pistes et la patience des spectateurs.
    Trempé, ayant pris froid, j’abandonne et de rentrer au domicile en début de soirée.
    Bien m’en a prit, semble-t-il, puisque l’eau ne s’évacue plus, le circuit est une baignoire, le tunnel piétons près de la Tour Uniroyal est sous 20 cm d’eau, sans compter ceux des sorties voitures  qui le jouxte et celui de Stavelot.
    « C’était comme la cascade de Coo ! » me décrira un collègue photographe.
    Déjà proche de la catastrophe à ce niveau, en piste, c’est encore bien pire.
    Et le pire, on l’a évité par miracle puisqu’une Corvette, à peine la ligne de départ franchie pour une énième fois, part à l’équerre et vient taper violemment le mur sous les yeux des commentateurs et de la Direction de course quelques bureaux plus loin.
    Mais à cet endroit, il n’y a pas de commissaires. Le temps passe et après 3 minutes, d’après le témoin de source on ne peut plus sûr (speaker), une seconde voiture vient s’encastrer dans l’épave de la Corvette.
    Alors qu’elle aurait du être logiquement en piste, la safety car attend au virage de la Source l’autorisation de monter en piste pour guider les « naufragés ».
    Il faudra qu’une troisième voiture vienne elle aussi s’encastrer dans les restes pour qu’enfin la direction de course donne le feu vert à celle-ci.
    Trop tard bien sûr et de finalement clôturer cette course au drapeau rouge.
    On apprend toujours de ses fautes… Pour peu qu’on les corrige.
    Dimanche matin, la première course prend déjà du retard à l’allumage car certains ne sont pas à leur place. La safety car est sur la grille à 3 minutes du départ… Et il n’y a aucunes voitures en pistes !
    C’est avec dix minutes dans la vue que le meeting reprend ses droits.
    Enfin… presque car le déluge est à nouveau là. Quelle poisse !
    Je suis à la chicane, et à nouveau trempé, mais cette fois, j’y reste. Il faut dire que j’ai du respect et de l’admiration pour ces pilotes qui osent rouler par un tel temps de chien. Surtout ceux qui sont en « cabriolet ». Bravo à ces pilotes en Morgan, MG et autres. Surtout quand on sait qu’à l’exemple de la MGB GT C de John Wilson qu’il y a 420 ch sous la pédale de droite, voire 600 ch sous celle de la Jaguar XJ noire. Entre inconscience et  abnégation, ils ont fait preuve de fair-play et de jouer le jeu.
    Pas tous, mais on ne peut rien reprocher à ceux qui se sont rangés le long des volets dans la pit lane.
    Il faut dire que certaines voitures sont si mal aérées que la buée envahit l’habitacle en moins de 2 minutes. Et ce qui devait arriver arriva et de revivre, heureusement à moindre frais, le tassement des 24 Heures. C’est ainsi que deux Aston Martin DB6 repasseront à la carrosserie cette semaine. L’une revenant même définitivement au stand.
    De souhaiter que l’organisateur, que l’auteur du règlement impose une système de chauffage ou d’aération dans toutes les voitures fermées. Ce qui ne serait qu’un bien au niveau sécurité car il serait vraiment stupide d’attendre qu’un drame arrive.
    Le sport automobile n’a pas besoin de ça à l’heure où une certaine populace manipulée par des cols blancs pourvoyeur de bonnes paroles soit-disant sécuritaires font de celle-ci une masse compacte autophobe. On a un Belge qui gagne en championnat du monde des rallyes, un autre les 24 Heures du Mans, un autre en DTM, un autre en championnat GT et même d’être champion… La seule chose que savent faire certains, c’est de se faire les choux gras lors d’un accident. Ils vont jusqu’à s’informer en provincial pour faire monter leur audimat.
    Alors, s’il-vous-plaît, ne leur donner pas matière à détruire le sport auto. Déjà qu’on a de moins en moins le plaisir de rouler au quotidien.
    En tout cas, vivement l’année prochaine ! (photos P Hayot – auto-center.be)

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