Spa Six Hours : dans les coulisses du musée


  • Publié le dimanche,21 septembre , 2014 á 9:30 | Dans la catégorie : Reportage, Sport

    Par Patrick Hayot

  • Quel bonheur, quel plaisir de voir, d’entendre ces « vieilles » autos qui nous font basculer le temps d’un instant dans le rêve, les souvenirs…
    Sauf que certains plateaux étonnent de par leur contenu. Pas forcément sur le papier, mais sur le terrain. Encore faut-il comprendre les divers règlements. Et dans le genre, les « Britons » savent s’y faire. Et s’amuser à les décortiquer revient tout d’abord à faire une analyse psychologique de celui qui l’a conçu car mettre des barquettes des années 70 avec des voitures de tourisme des années 80/90… ou l’inverse relève plus d’un idéal de faire bien en terme de masse que de respecter la chronologie historique, voire l’histoire elle-même.
    Alors aux Spa Six Hours, il faut savoir faire le distinguo entre les versions « origines » et les « replicas ». Et ce par course, par catégorie, par classe.
    Voici deux exemples bien simples de ce qu’est en grande partie la course historique d’une certaine version anglaise.
    Sans entrer dans le détail, je me suis arrêté sur cette splendide Triumph Spitfire 4 version Le Mans 1965. Certes, elle était dernière sur la grille de départ des 6 Heures. Certes, elle fait « rikiki » avec ses roues étroites, sa carrosserie d’origine, mais derrière il y a un travail de passionné, d’amoureux pour, non pas restaurer, mais construire cette auto.
    De vraies Spitfire Le Mans, il n’en reste que deux de par le monde et celle-ci n’en fait pas partie, son propriétaire Frédéric Clot ne s’en cache pas d’ailleurs. Mais elle a le mérite d’être à l’identique de l’ADU3B (#65 – visible également dans le film « Un homme et une femme » de Claude Lelouch) et dans l’esprit de ce qu’est la course de voiture historique. Elle est conforme point pour point à celles qui ont courues au Mans dans les années 60. Ses seules particularités sont ses phares globuleux et le style « GT6 » de sa ligne fuyante. Elle donnera à juste titre d’ailleurs descendance à cette dernière puisque la volonté de gagner en aérodynamique l’a fait naître quelques temps plus tard, mais avec un 6 cylindres sous le capot et non le modeste 4 cylindres 1.1.
    Bref, une construction à l’identique qui lui permet de courrir aux fameuses 24 Heures du Mans Classic et rouler ici à Francorchamps.
    Elle en a le look, elle en a le son, elle en a la structure… Mais de l’esprit historique, il faut passer son chemin. J’ai découvert cette MGB V8 l’an dernier sur le tard grâce à Ian, un ami anglais des plus sympathiques, et de la redécouvrir cette année de par son intermédiaire.
    Ses grosses roues, son faible empattement, ses voies étroites, ses ailes larges et rebondies… en font une « Dinky Toys » hypertrophiée. Tout comme la Spitfire, on peut considérer qu’elle a été construite, non pas par rapport à une version usine, mais bien de par l’interprétation libérale du règlement. Participant régulièrement au championnat anglais Bernie’s HVRA, championnat réservé aux V8, John Wilson y a déjà remporté maintes victoire et de s’offrir ici le 5ème temps des qualifications !
    Dit comme ça, c’est satisfaisant, mais quant on sait que cette MGC a dans les entrailles un V8 Rover 5,3 l, c’est le 3,5 mais avec des bielles plus courtes, de 420 ch, le tout passant au sol via une simple boîte à 4 rapports ! On est « estomaqué » d’autant qu’il a pris le risque de le faire en pneu de série mais « légèrement » taillé » sur piste humide.
    Voilà pour vous démontrer par deux exemples bien simples ce que sont les Spa six Hours. D’une part, une voiture conforme à l’histoire et qui peut faire l’épreuve endurance de 6 heures. De l’autre côté, un « dragster » qui participe à des courses annexes à l’évènement.
    Au final, les deux prennent plaisir. Merci de nous le faire partager aussi. (photos P. Hayot – auto-center.be)

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