Rallye de Wallonie : Merci !


  • Publié le mercredi,06 mai , 2015 á 6:11 | Dans la catégorie : BRC, Sport

    Par Patrick Hayot

  • Il y a bien longtemps que nous n’avons plus assisté à un tel final en Championnat de Belgique des Rallyes !
    Des faits de courses ont certes émaillés le bon déroulement de cette 32ème édition du Rallye de Wallonie, mais le somptueux final sur le terrain a été mis au second rang suite à la réclamation déposée par le team BMA / Skoda.
    Mais de revenir d’abord su la course en elle-même.
    Vendredi, devant les tribunes de l’Esplanade de la Citadelle de Namur, les pilotes font le show à deux reprises. Spéciale de « Mickey’ où il y a plus à perdre qu’à vraiment gagner, c’est Stéphane Lefebvre qui s’empare du leadership au volant de la Citroën DS 3 de Pieter Tsjoen, devenu copilote de sa propre voiture pour l’occasion. Le Français finit la première journée avec un boni de 2 s sur Freddy Loix (Skoda) et 4 et demie sur Kris Princen (Peugeot).
    La logique semble respectée puisque, juste derrière, on trouve Cédric Cherain (Citroën DS3 R5), Xavier Bouche (Ford Fiesta WRC), 5e, et en tête des WRC. Snijers (16e) mène le groupe GT au volant de sa Porsche alors que Polle Geusens (Peugeot 208 R2) a pris in extremis la tête des Juniors en prenant le meilleur sur Adrian Fernémont en RC4 (Ford Fiesta). Thibaut Radoux (Ford Fiesta) emmène les NCM et Prinzie fait de même en Historic.
    Le samedi, les choses sérieuses allaient pouvoir commencer avec un copieux menu de 5 spéciales à parcourir à 3 reprises.
    Lefebvre n’en verra à peine la moitié puisque la casse du différentiel de sa DS3 l’oblige à renoncer. Effectuant un pressing de tous les instants, Princen en profite pour prendre le commandement. Mais le pilote Peugeot est lui-même un peu trop optimiste sur une note et, après une cabriole, de venir rejoindre la liste des abandons suite à la casse de sa direction.
    Du coup, pointe alors le nez de la Skoda de… Benoît Allart !
    Loix connaissant une grosse frayeur après un jump presque anodin, et surtout les affres de la crevaison, ne pointe que 7ème à mi-journée. Il fallait de fait s’attendre à une lutte sans merci entre les pilotes du R5.
    Tout profit pour Allart donc, mais il mérite sa place et devance Cédric Cherain peu satisfait des réglages de sa DS 3 R5. Xavier Bouche découvre plus sa Fiesta que le parcours et reste dans le top 5, juste devant la DS 3 5 de Vincent Verschueren.
    Olivier Collard est le premier vrai privé et place sa Mitsubishi Evo devant toutes les autres voitures de pointe emmenées par les deux Porsche de Tim Van Parijs et Patrick Snijers qui se disputaient la tête en GT. Hélas, ce dernier va abandonner au regroup suite à des problèmes d’injection.
    En signant 3 scratchs, Benoît Allart est quelque peu l’invité surprise de ce rallye. Mais il fait montre d’un calme étonnant et s’applique au volant de sa Skoda. Tant et si bien que de sa place d’embuscade, il rentre à Jambes en tête avec près de 33 s d’avance sur Xavier Bouche, 41 sur Loix et 45 sur Cherain.
    Relégué à 1 min 30, Verschueren, 5ème, n’a déjà plus voix au chapitre. Ayant lui-même une avance de 1 min 13 sur le leader du GT, Van Paijs et sa Porsche, il peut gérer.
    Voilà ce que devrait être la consigne chez Aldero qui voit son poulain pourtant repartir de plus belle le dimanche matin. Et avec l’art et la manière puisque, si la météo est plus fraîche, les routes sont toujours sèchent, Allart creuse l’écart et enfonce le clou sur Xavier Bouche qui regrette de ne pas avoir loué une 2 litres à la place de sa 1.6 T. Il contient cependant les assauts de Loix et Cherain qui se tirent une bourre d’enfer et à coup de dixièmes.
    À mi-journée, Allart a une confortable avance de 43 s et peut se voir monter sur la plus haute marche du podium. Mais, alors que le ciel se couvre de plus en plus, que la pluie était annoncée, le leader repart chaussé de pneus retaillés et non des pluies. Comme pour se rassurer, il embarque tout de même deux roues de ce type dans le coffre…. Juste au cas où !
    Midi… l’heure du crime !
    Repartant vers Cruppet pour y entamer la boucle finale, la pluie commence à tomber. De plus en plus insistante, elle fait comprendre à Allart que son choix est le plus mauvais qu’il pouvait faire.
    Ses rivaux sont en pluie et donc envisagent déjà un sprint final à l’issue incertaine.
    De fait, le premier indicateur pour Allart est au rouge puisqu’il concède 20 s dans la première spéciale de l’après-midi, avant d’en concéder encore 14 dans la suivante malgré le changement de roues. En deux coups, son avance a fondu comme neige au soleil et de voir Bouche revenir à 5 s. Mais le Marchois n’est pas à l’abri. Fautant dans la même spéciale que Allart, ce sont finalement Loix et Cherain qui sont au taquet !
    Ce dernier adore la pluie, tout comme Loix, et prend la tête à 2 spéciales de l’arrivée, suivi de près par Loix et Bouche. Allart, dépité de la tournure de l’évènement, tente de rester au contact.
    Si Loix n’a pu pendre la tête dans « Arbre », la plus belle spéciale du Championnat de Belgique des Rallyes à ses yeux, il affiche un large sourire au sortir de la dernière, celle de Bois-de-Villers. Il y a de quoi puisqu’il coiffe sur le poteau et pou 1,3 s un Cédric Cherain qui aura tout donné.
    Ravi de la situation, Loix semble déjà savourer cette victoire presque improbable. Un peu trop semble-t-il puisqu’il pointe en retard au dernier pointage à Jambes et de se voir pénalisé de 20 s !
    Retombant à la 4ème place, le team ne l’entend pas de la même oreille et porte réclamation alors que Cédric Cherain est proclamé vainqueur devant Bouche et Allart.
    De longs palabres s’engagent alors et au bout d’une longue attente, la sanction sera réduite de moitié et finalement acceptée par les intéressés.
    Cherain remporte la 32ème édition du Rallye de Wallonie avec une avance de 8,7 s sur Loix, 12,6 sur Bouche et 15, 2 sur Allart.
    Sur la forme, tous les quatre auraient pu décrocher cette victoire, Allart étant le plus méritant. Sur le fond, l’esprit sportif est bafoué. Quel gâchis !
    Alors de retenir le positif : Merci à Allart pour ses performances et sa simplicité, à Bouche pour son one-shoot au volant d’une très bonne auto, à Cherain pour y avoir cru jusqu’au bout, à Loix pour son esprit combatif… Mais surtout Merci à l’Automobile club de Namur d’avoir osé aller dans sa logique et de permettre ainsi aux WRC de mettre du piment dans cette épreuve. Que cela serve d’exemple pour la suite du championnat.
    On efface tout et on recommence ?
    Oui… A condition que cela reste une bagarre de terrain et de non de coulisses. De retrouver le plus vite possible l’esprit sportif qui prévaut dans toutes compétitions. Rendez-vous à Bocholt pour le Sezoen Rally où malheureusement Cherain sera absent – pas dans son pogramme – (16 mai). (photos P Hayot – auto-center.be)

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